IA et avocat : dans mon activité, je reçois désormais des dossiers préparés par ChatGPT avant même le premier échange avec le client.
Mon humeur du jour : un peu exaspérée… de répondre à des machines.
La semaine dernière, j’ai ressenti une certaine lassitude.
J’ai rendu trois consultations.
À chaque fois, je répondais à des e-mails parfaitement structurés, des notes de synthèse impeccablement rédigées, des chronologies détaillées, des analyses juridiques construites…
Sauf qu’une chose avait changé.
Ce n’était plus mes clients qui m’écrivaient. C’était leur intelligence artificielle. Et moi, je répondais… à une machine.
Et cette même semaine, j’ai également repris un document contractuel rédigé avec l’aide d’une IA.
À première vue, tout semblait parfaitement rédigé. Pourtant, une erreur de droit s’était glissée dans une clause essentielle. Une erreur suffisamment importante pour remettre en cause sa validité.
Qu’on soit clair : je n’ai absolument rien contre l’intelligence artificielle.
Au contraire.
Je l’utilise tous les jours dans mon métier.
Elle est devenue un formidable outil de travail.
Mais elle reste un outil. Je sais quelles questions lui poser. Je sais vérifier ses réponses.
Je sais repérer une hallucination, une jurisprudence inventée ou un raisonnement juridiquement séduisant… mais faux.
Parce que c’est précisément mon métier.
Or, de plus en plus de clients remplacent le premier échange avec leur avocat par un échange avec une IA. Ils arrivent avec un dossier déjà « pré-analysé », des arguments déjà construits, des textes déjà rédigés.
Ils pensent probablement faire gagner du temps à l’avocat. Mais ils se trompent souvent.
Notre métier est surtout de comprendre ce qu’une machine ne peut pas intégrer : le contexte, la stratégie, les risques, la personnalité des interlocuteurs, le rapport de force, la pratique des juridictions, la négociation.
Le Droit est un outil d’aide à la décision. Et cette décision appartient toujours à un dirigeant, dans un contexte économique, humain et parfois émotionnel qu’aucun algorithme ne maîtrise réellement.
L’intelligence artificielle est un formidable accélérateur.
Mais le discernement reste une compétence profondément humaine.
Alors oui, je l’avoue. Je n’ai pas lu dans le détail la consultation générée par l’intelligence artificielle de mon client. Comme je n’ai pas retenu un mot du post que me suggérait Chat GPT sur les quelques lignes que je suis en train d’écrire.
Parce que mon métier n’est pas de commenter le raisonnement d’une machine ni de faire du copier-coller.
Mon métier est d’apporter un raisonnement indépendant, une stratégie adaptée et une solution juridiquement sécurisée..
Si vous souhaitez échanger (entre humains), pour toutes questions ou besoin d’accompagnement, notre cabinet est là pour vous conseiller :